Abdoul Kader Ouedrogo – s’intéresse, dans le cadre de ses études à l’Accademia Teatro Dimitri, à la forme théâtrale du kotéba

Le 07 septembre 2024, j’ai quitté le Burkina Faso pour m’installer au Tessin, en Suisse, afin de poursuivre mes études à l’Accademia Teatro Dimitri pour deux années de Master en théâtre physique. J’ai mené mes recherches durant ces deux années sur le thème « évolution du langage théâtral du kotéba traditionnel à travers le théâtre physique ». Grâce au soutien inestimable de la Fondation Oumou Dilly, j’ai eu l’opportunité de vivre une expérience riche, tant sur le plan professionnel que personnel.
J’étais déjà venu en Suisse à deux reprises dans le cadre d’un projet d’échange artistique et culturel à Zurich. Il s’agissait de mes premiers voyages en Europe : j’ai été émerveillé et désorienté à la fois par cette grande ville très moderne. Par contre, dès mon arrivée au Tessin, je me suis très vite habitué à l’environnement de vie, notamment grâce à sa végétation marquée par la présence des palmiers qui me rappelait l’Afrique, et son climat spécial, assez doux l’hiver et très ensoleillé. La vie au Tessin est une belle symbiose entre tradition et modernité. Des anciens quartiers préservés, avec de nouvelles constructions modernes. Je peux dire que je me suis retrouvé à l’endroit idéal pour mener à bien mes études. Un environnement calme, montagneux, avec des palmiers et des rivières. Dans cet endroit, j’ai trouvé une grande inspiration pour étudier et approfondir mes recherches.
Durant deux ans, mon quotidien a été rythmé par des cours intensifs, des ateliers pratiques et des répétitions. Dans le cadre de mes études, j’ai pu voyager à travers la Suisse, une occasion d’explorer différentes villes et différentes formes de pratiques théâtrales. J’ai participé à des ateliers de théâtre dans des grandes écoles d’arts : Hkb à Bern, La Manufacture à Lausanne et la Zhdk à Zurich; alimentant ainsi ma passion pour le théâtre. J’ai pu faire connaissance d’un grand nombre d’ami(e)s et contacts dans le domaine artistique, pour d’éventuelles collaborations futures. L’apprentissage de l’anglais constitue un élément fondamental de mon expérience. Dans un milieu éducatif où la langue principale est l’anglais, j’ai approfondi ma maîtrise de l’anglais tout en apprenant un peu l’italien avec des amis que je me suis faits dans la ville. La diversité de mes camarades de classe a permis des échanges enrichissants tant sur le
plan artistique que culturel.
En dehors des cours, mon activité favorite restait le football. J’ai intégré une équipe de football amateur, ce qui m’a permis de me faire des amis et de découvrir la culture tessinoise. Je remercie chaleureusement la Fondation Oumou Dilly, qui, par son soutien, m’a permis d’être dans des conditions de vie et de travail favorables à mes études. Je n’avais plus qu’à me concentrer sur mes études, donner le meilleur de moi et atteindre mes objectifs. Je suis ravi d’avoir pu mener mes recherches sur le concept théâtrale du kotéba traditionnel, en l’adaptant à une nouvelle forme d’expression artistique, lui donnant un nouvel espace d’expression artistique : le théâtre physique. Le kotéba est ainsi valoriser, promu et pérenniser dans le temps, alors qu’on a tendance à l’oublier, le reléguer au passé. Je suis impatient de partager cette expérience, ainsi que mes nouvelles compétences et réalisations avec le monde théâtral en général. Pour les années qui viennent, j’ai l’ambition de poursuivre mes recherches sur le kotéba traditionnel dans le cadre d’un doctorat.













